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Immobilier : quels sont les changements attendus pour la rentrée 2020 ?

Après deux mois de confinement, le marché immobilier français a connu un rebond du volume des transactions remarquable. Contre toute attente, les prix ont même continué à grimper dans la plupart des communes de l’hexagone. Pourtant, des incertitudes demeurent quant à l’impact réel de la crise sanitaire sur le secteur. Mais alors, quels changements sont attendus sur le marché immobilier pour la rentrée 2020 ? Analyse.

Un marché immobilier résilient

Une demande solide

Après un ralentissement sans précédent du volume des transactions pendant le confinement, le marché immobilier est reparti à la hausse, porté notamment par une demande toujours plus forte. Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce redémarrage :

• La volonté de changer de logement après le confinement ;
• La sécurisation des investissements face aux incertitudes des marchés financiers ;
• La crainte d’une nouvelle fiscalité sur les achats et ventes.

 

Des taux toujours bas

Après une légère hausse des taux pendant le confinement (de 0,2 à 0,5 point), ces derniers se sont stabilisés en juin, pour finalement redescendre au mois de juillet. Actuellement, la plupart des banques proposent des taux moyens de 0,89 % sur 15 ans, 1,02 % sur 20 ans et 1,34 % sur 25 ans. Aucun changement majeur ne devrait être constaté sur ce point à la rentrée. En effet, traditionnellement, le mois de septembre est marqué par le traitement de dossiers non évalués en août. Il est donc peu propice à des mouvements sur les taux.

 

De nouveaux besoins créés par la crise sanitaire

La crise sanitaire va très probablement influencer les tendances du marché immobilier pour la rentrée 2020. Le confinement et la mise en place du télétravail pourraient favoriser les maisons avec jardin, les logements plus éloignés des grandes agglomérations ou encore les résidences secondaires. En revanche, la reprise sera sans doute plus lente dans d’autres secteurs plus fortement impactés par la crise (immobilier de tourisme ou de bureaux notamment).

 

Rentrée 2020 : des incertitudes persistent

La reprise sera-t-elle durable ?

La Fédération nationale de l’immobilier (FNAIM) alerte sur une possible reprise en « U » du volume des transactions immobilières. Passé l’euphorie de ces dernières semaines, le marché pourrait en effet connaître une chute de transactions (entre 25 et 30 % selon la FNAIM), causée notamment par l’augmentation du chômage et par la poursuite de l’activité partielle. Les licenciements probables, annoncés notamment dans les grands groupes industriels, et la mise en faillite de nombreuses TPE/PME à la rentrée pourraient impacter fortement la demande immobilière.

Les banques continueront-elles à jouer le jeu ?

Si les taux restent bas, pour certains de vos clients, les conditions d’accès au crédit immobilier pourraient se durcir. C’est le cas notamment pour les primo-accédants et ceux disposant des dossiers les plus fragiles. En pratique, les professionnels du secteur le constatent déjà. Les recommandations du Haut Conseil à la Stabilité Financière (HCSF) pèsent ainsi fortement sur les conditions d’octroi de crédits par les établissements bancaires. C’est notamment le cas pour ceux dépassant les 33 % d’endettement ou souhaitant financer leur bien à 110 %. Ces recommandations, suivies plus ou moins bien au premier semestre 2020, sont désormais strictement appliquées par les établissements bancaires.

Bon à savoir : La HCSF devrait communiquer de nouvelles recommandations courant septembre et sans doute faire évoluer sa position. Cela dit, même dans ce cas, il est peu probable de constater un changement dans l’octroi des crédits avant la fin de l’année.

Des aides pour l’immobilier du neuf ?

Des incertitudes demeurent également sur le marché du neuf. Arrêt des chantiers, mesures d’hygiène coûteuses, délai d’obtention de permis de construire ralenti, le secteur se trouve durement impacté par la crise sanitaire. Les retards s’accumulent mettant en danger l’offre de logements neufs pour le dernier trimestre 2020. Pour soutenir le secteur, des aides considérables devraient être prochainement dévoilées par le gouvernement. Elles devraient notamment concerner un allègement des charges des professionnels du bâtiment et un élargissement des conditions d’octroi de la Prime Rénov’.

Même s’il est peu probable que le secteur immobilier échappe totalement à la crise, il est fort probable que celui-ci parvienne à tirer son épingle du jeu, grâce notamment à des taux bas et une demande qui semble vouloir se maintenir. Il faudra néanmoins attendre la rentrée de septembre et les annonces du gouvernement pour évaluer plus justement les impacts réels de cette crise sans précédent.