Impression 3D et promotion immobilière neuve : les enjeux

L’impression en trois dimensions ? Après avoir relevé longtemps du domaine de la science-fiction, la fabrication automatisée d’objets est aujourd’hui une réalité et touche les loisirs créatifs ou la chirurgie de précision, mais aussi… l’activité des promoteurs immobiliers ! Quelles sont les potentialités de l’impression 3D immobilier ?

Impression 3D immobilier : quel est le principe ?

L’impression « 3D » se différencie de l’impression classique, qui se contente d’apposer une image en deux dimensions (plate) sur une feuille de papier. L’imprimante 3D a la capacité de produire un objet ayant du volume, bien réel et palpable, comme une simple lampe en plastique ou des implants chirurgicaux de haute précision.

Après avoir dessiné les plans de l’objet à imprimer sur un ordinateur, la machine se met en route et va le fabriquer en apposant une couche après l’autre. Les matériaux utilisables par une imprimante 3D sont étonnamment variés et incluent bien sûr le plastique, mais aussi le métal, le bois ou encore la céramique.

L’impression 3D immobilier est une technique émergente qui consiste donc à utiliser une imprimante de grande dimension pour édifier une maison ou un immeuble. Dans la plupart des cas, les différents éléments du bâti sont imprimés en usine, puis montés sur site : la construction intégrale et sans intervention humaine n’est donc pas encore tout à fait pour aujourd’hui… mais ne saurait tarder !

Quels sont les avantages de l’impression 3D immobilier ?

L’impression en 3D d’une maison ou d’une copropriété entière suscite l’intérêt soutenu de nombreux promoteurs immobiliers, pour des raisons relativement simples à comprendre ! Le premier avantage perceptible de cette technologie naissante est la vitesse de construction, qui connaît une accélération phénoménale par rapport aux méthodes classiques encore en vigueur chez la plupart des constructeurs. Le perfectionnement constant des imprimantes rend théoriquement possible l’édification de la structure béton d’une maison individuelle et de sa charpente en moins de 24 heures chrono. De là à imaginer des maisons commandées sur Internet et livrées aussi vite qu’un simple livre, il n’y a qu’un pas !

La rapidité de l’impression 3D immobilier et sa moindre dépendance à la main-d’œuvre en font à terme une source de rentabilité phénoménale pour les promoteurs.

Par nature, l’impression 3D immobilier rend enfin plus simple la réalisation de bâtiments à l’architecture complexe, notamment toutes les formes arrondies.

Quelques chiffres-clés

3 500 € : c’est le coût de revient unitaire de l’une des dix maisons individuelles récemment produites en série par un promoteur chinois en moins de 24 heures !
– L’élévation des murs d’Yhnova, première maison 3D en France, a nécessité trois jours de travail à deux maçons au lieu de trois semaines.

Déjà de nombreux exemples à travers le monde

Les applications concrètes de l’impression 3D immobilier sont encore relativement peu nombreuses et confidentielles. Elles permettent toutefois de prédire une nouvelle ère dans le domaine du logement à bas coût, y compris dans les régions les plus pauvres de la planète.

En Europe, le leadership a été pris pour l’instant par l’entreprise suédoise Skanska, spécialisée dans le BTP, qui s’est associée à une université du Royaume-Uni pour concevoir un robot imprimant des murs de béton prêts à poser. Elle est concurrencée dans le même domaine par BetAbram, une autre entreprise européenne basée en Slovénie.

La Chine a elle aussi une longueur d’avance grâce aux ambitions de la Shanghai WinSun Decoration Engineering Co, qui est devenue la première firme ayant imprimé en 3D un immeuble entier. Il s’agissait toutefois d’une impression partielle, les éléments ayant encore besoin d’être assemblés à la main au moyen d’une ossature en acier.

Et en France ?

La France n’est pas en reste dans la course à l’impression 3D immobilier : une maison individuelle du bailleur social Nantes Métropole Habitat, répondant au nom d’Yhnova, a ainsi vu le jour au deuxième semestre 2017 et déploie une surface habitable de 97 m². Sa particularité ? C’est la première fois au monde qu’une maison, destinée à être habitable, est imprimée directement sur site par un bras articulé géant !

L’impression 3D ne remplacera jamais entièrement la construction classique, mais les promoteurs immobiliers en quête d’économies d’échelle et de productivité ont tout intérêt à se pencher sur le sujet.

Gros plan sur 5 programmes résidentiels totalement atypiques

On entend souvent que la promotion immobilière, c’est surtout de la gestion des risques. Certains professionnels, pourtant, ne manquent pas d’audace. Tour d’horizon de quelques ensembles architecturaux de logements, en France ou à l’étranger, qui valent le coup d’œil.

1. Des logements collectifs dans des containers

Le groupe Lamotte a transformé 40 containers maritimes en 12 logements sociaux allant du T2 au T4, vendus 1500 euros le m2. Pas de terrassements lourds pour cette opération, qui a été livrée en 2016 au terme d’un chantier d’à peine plus d’un an. Suite au succès de ce programme situé à la Chapelle-Thouarault, à 20 kilomètres de Rennes, Lamotte a d’ailleurs récidivé avec d’autres projets similaires dans la région. L’avenir de la promotion immobilière écolo est-il en boîte ?

 © Lamotte

© Lamotte

 © Lamotte

© Lamotte

 

 

 

 

 

 

 

 

2. Habiter dans un immense arbre blanc à Montpellier

Le Groupe Promeo, le Crédit Agricole Languedoc Immobilier, Evolis Promotion et Opalia : 4 promoteurs se sont associés pour faire sortir de terre cet ensemble magistral de 110 appartements et espaces de loisirs sur 17 étages notamment imaginé par l’architecte japonais Sou Fujimoto. Alors que la livraison est finalement prévue au 3e trimestre 2018, moins de 5 lots restent en vente à ce jour dans l’Arbre Blanc.

L'Arbre Blanc

L’Arbre Blanc

3. Un logement social construit en 3 jours par un robot

En septembre prochain, cette maison de 5 pièces sur 95 m2 sera imprimée en 3D sur un terrain situé à l’est de Nantes, puis vendue 195 000 euros. Cette technologie révolutionnaire baptisée BatiPrint3D s’appuie sur un robot-maçon capable de construire un coffrage en mousse polyuréthane puis de couler du béton en toute autonomie. Porté par le CityLab de Nantes Métropole, le projet YHNOVA a été conçu en collaboration avec Bouygues Construction, LafargeHolcim et PRB, et plusieurs laboratoires de recherche. Une prouesse technologique qui pourrait bien changer la donne sur les chantiers dans les années à venir.

© Nantes Métropole Habitat

© Nantes Métropole Habitat

4. Un cloitre réhabilité

Il y a encore quelques années, le bâtiment hébergeait des frères carmélites, qui vivaient dans le recueillement et la prière. Après une réhabilitation opérée par le groupe Sofim, l’ancien Couvent des Carmes au centre-ville de Lille renaîtra début 2019 sous forme de 33 appartements. Au cœur de cet ensemble atypique : l’ancien jardin du cloitre qui fera office de cour commune. Dans un second temps, un programme neuf de plusieurs dizaines de lots supplémentaire sera lancé dans une autre aile du couvent. Quand les promoteurs s’emparent de l’histoire…

Sofim, l’ancien Couvent des Carmes

Sofim, l’ancien Couvent des Carmes

5. Un écoquartier agroécologique, en Inde

Il s’appelle Hyperions, comme le séquoia le plus haut du monde. Composé de 6 tours-arbres de 36 étages, cet ensemble hybride de bureaux et logements, qui devrait être livré à l’horizon 2020 à New Delhli, a été dessiné par l’architecte belge Vincent Callebaut et un argro- écologiste indien. Car ce projet vise non seulement l’autonomie énergétique mais également l’autonomie alimentaire, avec des bassins de pisciculture, des serres hydroponiques sur les balcons pour cultiver fruits et légumes !

© Vincent Callebaut Architectures

© Vincent Callebaut Architectures

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